La revanche de la vieille économie face à l'IA
Comme nous l’observons depuis plusieurs semaines, les promesses entourant l’intelligence artificielle laissent progressivement place aux interrogations quant à la capacité réelle de ces technologies à générer des revenus durables. Personne n’est véritablement épargné, pas même les “Magnificent Seven” : après la correction de Microsoft évoquée la semaine passée dans notre newsletter, c’est désormais au tour d’Amazon d’être sanctionné. Dans leur sillage, certains éditeurs de logiciels apparaissent comme des victimes collatérales de cette révolution technologique, tandis que les valeurs de la « vieille économie » industrie, infrastructures, énergie affichent une résistance remarquable sur la semaine écoulée (Arcelormital +11,35 %; Vinci +10,77 %; Eiffage +7,48 %) et bénéficient d’u retour d’intérêt des investisseurs, illustrant une nouvelle rotation sectorielle typique des cycles boursiers.
Dans le même temps, sur le front monétaire, la Banque centrale européenne maintient le statu quo malgré le reflux de l’inflation, confirmant une approche toujours prudente dans un environnement qui servira de toile de fond aux grandes thématiques de la semaine.
L’IA bouscule le secteur du logiciel
La nervosité observée sur les marchés technologiques la semaine dernière a été amplifiée par l’annonce de nouvelles solutions d’intelligence artificielle développées par Anthropic, capables d’automatiser certaines tâches professionnelles, notamment dans le domaine juridique. Cette innovation a ravivé les craintes des investisseurs quant à l’avenir des éditeurs de logiciels et provoqué une correction généralisée du secteur : Capgemini a perdu près de 9 % en séance, tandis que plusieurs grandes références mondiales comme Salesforce, Adobe, ServiceNow, Atlassian ou Synopsys ont également enregistré des replis significatifs, généralement compris entre 7 % et 10 % lors des séances les plus tendues.
Au niveau sectoriel, l’indice S&P 500 Software & Services a reculé de près de 4 % en une séance et a effacé environ 1 000 milliards de dollars de capitalisation en une semaine, illustrant l’ampleur de la rotation en cours.
Pour autant, Jensen Huang, le directeur général de Nvidia, a ainsi estimé que l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle remplacerait les logiciels traditionnels était « illogique », rappelant que l’IA repose précisément sur les infrastructures et les outils logiciels existants et qu’elle devrait davantage les transformer et les enrichir que les faire disparaître.
Cet épisode illustre surtout un changement de perception des marchés : l’intelligence artificielle ne fait plus seulement rêver par son potentiel de croissance, elle oblige désormais les investisseurs à distinguer plus finement les futurs gagnants, les acteurs capables de s’adapter, et les modèles économiques susceptibles d’être fragilisés à court terme.
La désinflation est là… la baisse des taux attendra
La Banque centrale européenne a confirmé son statu quo sans surprise malgré un net ralentissement de l’inflation. En janvier, l’inflation en zone euro est retombée à 1,7 %, sous l’objectif de 2 %, tandis que l’inflation sous-jacente a ralenti autour de 2,2 %, signalant une normalisation progressive des tensions sur les prix.
Plusieurs facteurs contribuent à cette désinflation, notamment la baisse des prix de l’énergie et la faiblesse du dollar, qui réduit le coût des importations pour la zone euro et exerce un effet potentiellement déflationniste sur les biens importés.
Pour autant, Christine Lagarde est restée droite dans ses bottes, rappelant que la banque centrale ne pouvait pas réagir à une seule donnée mensuelle et qu’elle continuerait d’agir « réunion par réunion ».
Un discours quelque peu en langue de bois qui consiste à dire « oui nous constatons que l’inflation baisse, mais on préfère attendre encore plusieurs confirmations avant de baisser les taux.
Contrairement aux États-Unis où les tensions inflationnistes restent plus présentes. Le reflux de l’inflation européenne et les conditions de financement nettement plus restrictives plaident en effet pour une politique monétaire plus accommodante.
Cours de clôture au 09-02-2026 (8h23) Source : https://fr.investing.com/indices/major-indices
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