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Actualités financières au 8 juin 2026

Cette semaine, les marchés ont revu leurs fondamentaux

Depuis le shutdown* américain de fin 2025, qui avait brouillé pendant des mois les données macroéconomiques, suivi presque immédiatement par le déclenchement du conflit en Iran le 28 février, la géopolitique avait pris toute la place.

Les regards sont depuis presque trois mois rivés sur le détroit d’Ormuz, le prix du baril et les tweets présidentiels. L’inflation, l’emploi, les taux directeurs ? Relégués au second plan, presque anecdotiques dans le bruit ambiant de la guerre.

Et puis vendredi, la réalité économique a rappelé qu’elle existait encore.

172 000 emplois créés en mai aux États-Unis soit plus du double des attentes du consensus. La réaction des marchés fut immédiate : les taux ont bondi, le Nasdaq a viré dans le rouge. Là c’est l’effet « good news is bad news », une logique paradoxale des marchés financiers où une bonne nouvelle économique devient une mauvaise nouvelle boursière.

Le mécanisme est simple : quand l’emploi est solide, la Fed n’a aucune raison de baisser ses taux. Et quand les taux restent élevés ou menacent de monter, les valeurs technologiques, dont les valorisations reposent sur des bénéfices futurs actualisés, sont les premières à en payer le prix.

Les fondamentaux venaient de rappeler qu’ils n’avaient jamais vraiment quitté la salle.

Ces bons chiffres de l’emploi ont certes permis à Donald Trump, en panne de testostérone depuis l’enlisement des négociations iraniennes, de rappeler que c’est avant tout grâce à lui, le meilleur président de tous les temps, que l’Amérique a retrouvé sa splendeur.

Seulement voilà, le revers de la médaille est immédiat. Un marché du travail en surchauffe, une inflation à 3,8 % portée par un pétrole qui frôle les 100 dollars, des salaires qui progressent, autant d’éléments qui risquent de retarder, voire d’annihiler, l’arrivée tant espérée d’argent frais dans l’économie.

Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine Kevin Warsh se retrouve dans une position impossible : satisfaire Trump en baissant les taux serait suicidaire pour la crédibilité de la Fed. Maintenir le cap, c’est s’exposer aux foudres présidentielles. Et hausser les taux, ce que les marchés commencent à anticiper, c’est prendre le risque de casser une dynamique économique que Trump s’est empressé de revendiquer.

Les prochaines semaines qui s’ouvrent s’annoncent donc décisives. Jeudi 11 juin, la BCE devrait sans surprise remonter ses taux d’un quart de point. L’enjeu sera le ton de Lagarde sur la suite. Les 16 et 17 juin, ce sera donc au tour de Kevin Warsh de rendre son premier verdict à la tête de la Fed et le 12 juin, entre les deux, SpaceX entre en bourse à une valorisation de 1 750 à 2 000 milliards de dollars.

Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller.

DISCLAIMERS

*Définition : Le terme « shutdown » désigne une situation d’impasse budgétaire aux États-Unis résultant de l’absence d’autorisation par le Congrès d’un relèvement du plafond de la dette publique.

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