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Actualités financières au 31 août 2026

Les taux ont pris le soleil

Nous voilà de retour après quelques respirations aoûtiennes et autant vous prévenir : le monde n’a pas attendu notre retour pour s’agiter.

Le conflit en Iran entre dans son sixième mois, alors que les protagonistes tablaient sur six semaines confondant l’Iran avec le Venezuela.

Les taux longs ont poursuivi leur ascension estivale : l’OAT française a passé la barre symbolique des 4 %, le Bund allemand les 3,2 %.

Comme chaque été, les grands banquiers centraux et économistes se sont réunis pour leur grande messe annuelle à Jackson Hole, où Kevin Warsh est monté à la tribune pour dire ce que personne ne voulait entendre : la Fed a encore du travail à faire.

Heureusement, la fusée Nvidia a publié des résultats qui l’ont fait graviter encore un peu plus dans l’espace : 96,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires au T2, soit plus du double sur un an.

Iran : six mois de guerre

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël lançaient leurs premières frappes sur l’Iran. Fort de la capitulation expresse du Venezuela quelques mois plus tôt, le président américain affichait une confiance inébranlable : « Le régime iranien l’apprendra bientôt, personne ne doit défier la force et la puissance des forces armées des États-Unis. »

Six mois plus tard, le ton est le même. Le résultat, moins. Le détroit d’Ormuz est passé sous contrôle iranien et le pétrole s’est maintenu au-dessus des 90 dollars tout l’été. L’accord de Versailles n’aura tenu que quelques semaines avant que les hostilités ne reprennent.

Fin août, changement de braquet. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé un « D-Day économique » censé amorcer la « phase finale » selon ses propres termes : « la plus grande offensive financière jamais engagée contre un adversaire« .

Le dispositif prévoit des sanctions secondaires visant tous les pays et entités qui continuent d’acheter le pétrole iranien, de traiter ses flux financiers ou de soutenir son commerce maritime en plus du blocus naval déjà en place.

La guerre militaire se double désormais d’une guerre économique totale.

Taux longs : l'été le plus chaud depuis 2011

Le rendement de la dette française s’est maintenu au-dessus des 4 % tout au long du mois d’août : un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2011, en pleine crise des dettes souveraines européennes. Le Bund allemand a pour sa part franchi les 3,2 % : un seuil inédit depuis l’ère post-réunification.

La mécanique est implacable, six mois de conflit iranien ont maintenu le pétrole au-dessus des 90 dollars, alimentant une inflation qui refuse de refluer. Une inflation persistante, c’est une Fed et une BCE qui ne peuvent pas baisser leurs taux. Des banques centrales qui ne baissent pas leurs taux, ce sont des taux longs qui restent élevés, voire qui montent encore. Et des taux longs qui montent, c’est une charge de la dette publique française qui s’alourdit un peu plus chaque semaine.

À 8 mois de l’élection présidentielle, certains partis proposent d’effacer purement et simplement une partie de cette dette. Une idée séduisante comme l’est toujours l’idée de ne pas payer ses factures.

Interrogé la semaine dernière sur le sujet je vous fais suivre un post que j’ai rédigé (lien ici) qui permet de comprendre que la démarche consistant à se rendre à la Banque de France pour y prendre les titres de dette souveraine française et de les « foutre au feu » ressemble plutôt à un pétard mouillé.

Pour rappel, et nous y revenons régulièrement dans cette newsletter, la France paie déjà 77 milliards d’euros par an d’intérêts sur sa dette. Chaque point de taux supplémentaire représente plusieurs milliards supplémentaires pour le contribuable.

À l’heure où la rentrée politique s’annonce chargée, ce chiffre mériterait peut-être davantage d’attention que les promesses de campagne. Mais c’est une autre histoire.

Nvidia et la saison des résultats : l'IA répond présent

Au milieu de cet été agité, une fusée a continué sa trajectoire imperturbable. Nvidia, que l’on ne présente plus sans qui vous ne pourriez demander à chat GPT le mode d’emploi pour réparer votre TV, a publié des résultats qui défient l’entendement : 96,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires au T2, soit plus du double sur un an avec une marge brute de 75 % et un bénéfice net de 59,7 milliards.

Son PDG, Jensen Huang, a résumé sobrement : « La demande serait encore plus élevée si l’offre n’était pas contrainte. » Traduction : Nvidia ne manque pas de clients. Il manque de puces.

Mais Nvidia n’est pas seul. La saison des résultats du deuxième trimestre aura été la vraie bonne surprise de l’été. Les profits des entreprises américaines ont progressé de 46 % sur un an : l’une des meilleures performances depuis 2021. En Europe, la croissance ressort à 23 %, plus modeste, mais remarquable dans ce contexte.

Pour ceux qui se posaient encore la question que nous posons chaque semaine : est-ce que l’IA rapportera autant qu’elle coûte ? La réponse arrive trimestre après trimestre. La fusée est toujours dans l’espace. Et elle accélère.

Bonne semaine à toutes et à tous !

Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller.

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