Bonne nouvelle sur le pétrole. Mauvaise nouvelle pour votre abonnement Microsoft.
Cette semaine, les marchés ont navigué entre soulagement et inquiétude. D’un côté, le pétrole poursuit sa descente dans le sillage de l’accord signé à Versailles et le Brent reflue significativement offrant un répit bienvenu aux économies mondiales après des mois de tension.
De l’autre, l’IA qui pendant quatre mois avait fait office de couche d’ozone pour Wall Street, protégeant les indices des rayons brûlants du conflit irano-américain, a fini par montrer ses limites.
Quand le baril montait à 127 dollars et que les missiles pleuvaient sur le détroit d’Ormuz, le Nasdaq battait des records. La couche tenait. Mais récemment elle a montré ses premières fissures. Et comme pour la vraie couche d’ozone, ce sont les excès de consommation qui en sont responsables, en l’occurrence une consommation de puces mémoire qui a fait exploser les coûts.
Résultat, les hyperscalers1 sont en net recul depuis le début du mois et pour compenser la flambée des prix de leurs composants, Apple et Microsoft ont annoncé une hausse de leurs tarifs.
Mauvaise nouvelle pour les parents qui avaient prévu de récompenser leur enfant pour l’obtention d’une mention au bac en lui offrant un MacBook Pro, il est encore temps de revoir vos critères d’attribution.
Son prix vient en effet de passer de 1 899 € à 2 199 €. Trois cent euros de plus, directement imputables à la flambée des puces mémoire. Quelqu’un doit bien payer l’addition et ce quelqu’un, c’est vous.
Le pétrole : le grand dégonflement
L’accord de Versailles a produit son premier effet concret sur les marchés et il est spectaculaire. Le Brent a clôturé vendredi 26 juin à 71,99 dollars le baril en baisse de 10,86 % sur la semaine, l’une des plus fortes corrections hebdomadaires depuis le début de l’année. Pour mémoire, le baril culminait à 127 dollars en juin, soit une chute de près de 43 % en quelques semaines.
Les raisons de ce dégonflement sont multiples. Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a annoncé une levée des sanctions sur les achats de pétrole iranien pour une durée de 60 jours. L’Iran s’est engagé à garantir la liberté de passage dans le détroit d’Ormuz pendant cette période. Dans la foulée, l’Arabie Saoudite a recommencé à charger des pétroliers à son terminal de Ras Tanura, signal d’une augmentation majeure de la production régionale. Les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar ont également augmenté leur offre.
Le retour à la normale est toutefois progressif et semé d’embûches. Les exportations du Golfe Persique ont été restaurées à environ 75 % des niveaux d’avant-guerre. Un porte-conteneurs a été frappé par un projectile jeudi, provoquant un rebond temporaire de 2 % des prix, avant que Trump ne confirme que le détroit restait ouvert.
Les perspectives à moyen terme sont néanmoins orientées à la baisse. Bloomberg anticipe un Brent à 85 dollars au troisième trimestre 2026 et à 80 dollars au quatrième trimestre. Citi va plus loin, tablant sur un Brent entre 60 et 65 dollars d’ici le premier trimestre 2027. Pour vos portefeuilles, cette baisse du pétrole est une bonne nouvelle sur deux fronts : moins d’inflation importée, et une Fed qui retrouve progressivement une marge de manœuvre qu’elle n’avait plus.
IA & Semi-conducteurs : la peur, puis le rebond
Le récent recul des valeurs tech s’explique par trois facteurs simultanés. Des prises de bénéfices naturelles d’abord, après des mois de hausse ininterrompue. Des dépenses d’investissement vertigineuses ensuite, rappelons que 750 milliards de dollars seront investis dans l’IA en 2026, au point que le marché commence à s’interroger : quand ces investissements massifs se traduiront-ils enfin en bénéfices concrets ? Et enfin, la pénurie de puces mémoire qui fait flamber les coûts de production avec des répercussions directes sur les prix que vous payez en tant que consommateur.
Heureusement l’IA a ses supers héros, après Nvidia en Captain America, Micron (également fabricant américain de puces mémoire) a enfilé le costume de Spider-Man en publiant jeudi dernier des résultats stratosphériques : 85 % de marge brute sur le dernier trimestre !
Le marché a immédiatement révisé son jugement. Tout le secteur a rebondi dans son sillage. La logique est implacable : si les marges atteignent 85 %, c’est que la demande IA est structurellement supérieure à l’offre. Ce n’est pas une bulle. C’est un déséquilibre fondamental.
Publié le 23/06/2026 à 23:00
Source : https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/l-ia-fait-la-courte-echelle-a-micron-ce7f5fd9d18bfe26
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