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Actualités financières au 27 juillet 2026

Fièvre sur le pétrole, frissons sur la tech

À l’heure où la planète subit un coup de chaud un peu partout, les marchés financiers n’ont pas été épargnés. Le Brent est repassé au-dessus des 100 dollars jeudi dernier, 800 milliards de dollars se sont évaporés en une séance sur le Nasdaq et l’OAT française a franchi les 4 %. Décryptage.

Depuis le début du conflit, l’Arabie saoudite avait trouvé sa parade au blocage iranien du détroit d’Ormuz : acheminer son pétrole via son oléoduc Petroline, un pipeline qui traverse la péninsule arabique d’est en ouest, reliant les installations pétrolières d’Abqaiq, près du Golfe Persique, au port de Yanbu sur la mer Rouge.

Sauf qu’un détroit peut en cacher un autre, car cet itinéraire bis oblige les pétroliers à longer les côtes yéménites : allié fidèle de l’Iran, avant de franchir le détroit de Bab el-Mandeb, à peine large de 25 kilomètres. Un couloir étroit que les Houthis surveillaient depuis le début. Cette semaine, ils sont passés à l’acte en attaquant deux pétroliers saoudiens et en revendiquant un blocus naval contre l’Arabie saoudite. Le plan B vient de sauter.

Le résultat est brutal : avec Ormuz d’un côté et Bab el-Mandeb de l’autre, c’est désormais 30 % du commerce pétrolier mondial qui se retrouve sous pression simultanément. Le Brent a bondi de 7,04 % en une séance pour franchir les 100,69 dollars. Goldman Sachs prévient : si les deux détroits restent perturbés, le baril pourrait dépasser 120 dollars au quatrième trimestre. Le plan C : contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance existe. Mais il coûte 30 jours de navigation supplémentaires. Et des millions de dollars par voyage.

Hasard du calendrier, ces évènements se sont déroulés alors que la Banque centrale européenne se réunissait pour sa cinquième réunion annuelle afin de décider de l’orientation de sa politique monétaire. Même si l’institution a décidé un statu quo, Christine Lagarde a d’ores et déjà prévenu que la flambée des prix du pétrole pourrait peser sur la décision de septembre, laissant la porte ouverte à une nouvelle hausse des taux, anticipée désormais à 80 % par les marchés.

Et pendant que la BCE temporisait, les marchés obligataires envoyaient leur propre signal d’alarme. L’OAT française à 10 ans a franchi la barre symbolique des 4 % : un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2011. Pour vos portefeuilles, ce franchissement n’est pas anodin : 4 % sur l’OAT, c’est le plancher à partir duquel les banques construisent leurs taux de crédit immobilier. C’est aussi une charge d’intérêts sur la dette publique française qui continue de s’alourdir, rappelons que la France paie déjà 77 milliards d’euros par an d’intérêts sur sa dette. À l’heure où les futurs candidats à la présidentielle affûtent leurs programmes, ce chiffre mériterait peut-être d’apparaître en première page avant les promesses.

La facture de l’IA : Tesla et Alphabet sanctionnés

Les lecteurs assidus de cette newsletter commencent à connaître par cœur la question qui revient chaque semaine dans ces colonnes : est-ce que l’IA rapportera autant qu’elle coûte ?

Je n’ai pas la prétention de penser que les détenteurs d’actions Tesla et Alphabet se sont inspirés de notre modeste lettre hebdomadaire pour comprendre que les dépenses stratosphériques dans l’IA posent naturellement la question du retour sur investissement.

Les doutes ne semblent pas s’être dissipés mercredi soir lors de la publication des chiffres de Tesla. Malgré un chiffre d’affaires record de 28,24 milliards en hausse de 26 %, le marché a surtout retenu que des dépenses d’investissement en hausse de 142 % ont réduit le bénéfice par action à 0,33 dollar, très loin des 0,52 attendus. Résultat : −14,52 % en séance, soit près de 200 milliards de capitalisations parties en fumée.

Chez Alphabet (ex-Google), le paradoxe est saisissant : bénéfice net quadruplé, chiffre d’affaires en hausse de 24 %, et pourtant −7,13 %. Motif : des capex relevés à 195-205 milliards de dollars pour 2026 et, pour la première fois de son histoire, un flux de trésorerie négatif.

Au total, en une seule séance, 800 milliards de dollars se sont évaporés des « MANGOS », acronyme qui désigne les entreprises détenant et développant les modèles d’IA les plus puissants au monde : Meta, Anthropic, Nvidia, Google, OpenAI, SpaceX.

On apprend donc, s’il fallait encore le rappeler, que les marchés savent aussi compter. Quand les dépenses explosent sans retour sur investissement visible, la sanction est immédiate, brutale et mathématique.

Bonne semaine à toutes et à tous !

Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller.

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