Et si les marchés rejouaient le scénario de 2025 ?
En commençant la rédaction de cette newsletter hebdomadaire, j’ai eu le sentiment d’être frappé d’une forme de paramnésie.
- Un rattrapage des valeurs européennes longtemps jugées sous-valorisées ?
- Des valeurs tech trop concentrées avec des niveaux de valorisation qui inquiètent ?
- Des droits de douane qui finalement ne devaient pas poser de problème ?
Un air de déjà-vu qui nous rappelle étrangement le premier quadrimestre 2025. En recherchant dans mes archives, je suis d’ailleurs retombé sur un article du Financial Times datant de fin janvier 2025 — European stock markets outpace global rivals — qui reprenait déjà exactement ces mêmes éléments.
La question qui se pose désormais est de savoir si la suite de l’histoire s’écrira de la même manière, avec un possible « Liberation Day 2.0 », après le revers judiciaire infligé par la Cour suprême au président américain, qui ne semble guère disposé à battre en retraite — ni, manifestement, d’humeur à imiter un athlète transgenre.
Le rattrapage des valeurs européennes : le retour des oubliées de la cote
L’enthousiasme presque aveugle pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle, qui a porté les marchés ces dernières années, semble aujourd’hui quelque peu s’estomper. Non pas en raison d’une dégradation des résultats, mais parce que les investisseurs, si vous avez tout bien suivi ,s’inquiètent désormais du niveau des dépenses engagées et de leur capacité à se traduire rapidement en profits.
Plusieurs géants technologiques américains ont ainsi été sanctionnés après leurs publications : Microsoft et Meta ont notamment chuté de plus de 10 % en séance malgré des résultats solides, les investisseurs estimant que la croissance liée à l’IA progressait moins rapidement qu’espéré.
À l’inverse, les secteurs plus traditionnels, offrant visibilité sur les résultats et génération de cash immédiate, retrouvent les faveurs des investisseurs. Cette dynamique explique en partie pourquoi le CAC 40 a récemment inscrit un nouveau record historique à 8515 points . Sur l’indice parisien, ce phénomène est particulièrement visible : des groupes comme Orange (+18,45 %), ArcelorMittal (+19,16 %) ou encore Legrand (+20,36 %) affichent des performances solides, sans avoir le moindre lien direct avec la révolution de l’intelligence artificielle.
Des valorisations longtemps délaissées, des flux de trésorerie visibles, des dividendes attractifs et surtout une exposition directe à l’économie réelle : infrastructures, électrification, industrie ou télécommunications.
Droits de douane : revers judiciaire et retour de la stratégie tarifaire
La Cour suprême américaine a infligé vendredi un revers majeur à l’administration présidentielle en invalidant une partie des droits de douane instaurés dans le cadre de la politique commerciale américaine. Les juges ont estimé que l’exécutif avait outrepassé ses prérogatives en utilisant des dispositifs d’urgence pour imposer des taxes commerciales sans validation suffisante du Congrès.
Il s’agit d’un coup sévère porté à la politique commerciale du président américain, qui avait fait des droits de douane l’arme économique centrale destinée à corriger ce qu’il considère comme des relations commerciales injustes avec ses partenaires et à restaurer la puissance industrielle américaine.
Sur le papier, ces mesures visent à protéger l’industrie nationale, réduire le déficit commercial et favoriser la relocalisation de la production. Dans les faits, leur efficacité économique demeure largement contestée. Les États-Unis affichent toujours un déficit commercial supérieur à 1 200 milliards de dollars en 2025, tandis que l’inflation, mesurée par l’indicateur PCE publié vendredi dernier, reste proche de 3 %. Une situation qui illustre les limites de cette stratégie : une part importante du coût des droits de douane est en réalité supportée par les importateurs américains eux-mêmes, alimentant davantage les pressions inflationnistes que la compétitivité industrielle.
Qu’à cela ne tienne, le président américain a rapidement actionné un autre levier en annonçant une taxe mondiale uniforme de 15 %, ravivant le spectre d’une nouvelle guerre commerciale. Mais contrairement aux précédentes mesures invalidées par la justice, cette surtaxe ne pourra être maintenue que 150 jours sans validation du Congrès une étape loin d’être acquise, certains parlementaires républicains s’inquiétant désormais de l’usage répété de ces pouvoirs exceptionnels.
L’équation politique se complique également pour Donald Trump qui, à l’approche des élections de mi-mandat, voit sa cote de popularité progressivement s’éroder auprès de l’électorat.
Difficile, dès lors, de ne pas repenser au scénario de 2025 : un Liberation Day annoncé au printemps, une montée progressive des tensions commerciales durant l’été, avant un apaisement à partir de septembre, lorsque les réalités économiques avaient finalement repris le dessus.
Un an plus tard, les marchés semblent évoluer dans une configuration étonnamment proche : rotation sectorielle, retour en grâce des actions européennes et résurgence du risque commercial américain.
Données au 23-02-2026 (10h49) Source : https://fr.investing.com/indices/major-indices
Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller.
DISCLAIMERS
Pour une information complète sur la stratégie du support et l’ensemble des frais et risques, nous vous remercions de prendre connaissance du DIC disponible en suivant les liens (survol sur le nom des fonds), et sur simple demande auprès de notre siège. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Risque de perte en capital. Avant tout investissement, il est fortement conseillé à tout investisseur, de procéder, sans se fonder exclusivement sur les informations fournies dans cette newsletter, à l’analyse de sa situation personnelle ainsi qu’à l’analyse des avantages et des risques afin de déterminer le montant qu’il est raisonnable d’investir.
Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date de publication de celle-ci et ne sont donc pas valables dans le temps.