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Actualités financières au 22 juin 2026

Le détroit s'ouvre. La Fed change de visage.

Lundi 15 juin, les Bourses européennes bondissaient à l’annonce imminente d’un accord entre Washington et Téhéran. La suite s’est jouée à Versailles.

Après le sommet du G7 à Évian, Emmanuel Macron invite Donald Trump à dîner au château de Versailles. L’Élysée évoque une rencontre « sobre et intime ». Trump, lui, parle d’une soirée « sans chichi ni artifices ».

Les deux hommes ont visiblement omis de mentionner le homard, la truffe et le caviar au menu, mais après tout, Versailles n’a jamais vraiment été reconnu pour ses coquillettes au jambon.

Et c’est dans ce cadre somptueux, sur un coin de table entre le plat principal et le dessert, que Trump a signé le protocole d’accord avec l’Iran.

Le document en 14 points prévoit : la fin immédiate et définitive de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée des restrictions sur les exportations iraniennes de pétrole, et un plan de reconstruction de 300 milliards de dollars pour l’Iran. La question de l’uranium enrichi, le casus belli initial, est pudiquement repoussée à la prochaine phase de négociations.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a signé par voie électronique. JD Vance a annoncé que 12,5 millions de barils avaient déjà transité par le détroit depuis l’accord. Et Trump, fidèle à lui-même, a conclu en conférence de presse : « S’ils ne le respectent pas, on va probablement revenir aux bombardements. » Le homard n’aura visiblement pas tout adouci.

Fed : Kevin Warsh marque son empreinte

Le nouveau banquier le plus puissant du monde dirigeait sa première réunion mercredi dernier.

Kevin Warsh n’a pas découvert les couloirs de l’Eccles Building, siège de la Réserve fédérale où se réunit le FOMC. Il y avait déjà siégé au Conseil des gouverneurs entre 2006 et 2011, traversant de l’intérieur la pire crise financière depuis 1929. La pression des marchés à chaque mot prononcé, il sait exactement ce que ça représente. C’est un homme qui y revient avec ses propres convictions, et visiblement, une volonté de tout changer.

Tout d’abord, le message se veut clair, précis, sans fioritures, rompant ainsi avec son prédécesseur dont les longues déclarations laissaient souvent place à mille interprétations, alimentant des heures de débats sur ce que la Fed « voulait vraiment dire ».

Sa première décision qui n’a pas vraiment constitué une surprise a été d’opter pour le statu quo, laissant les taux inchangés à 3,50-3,75 % — quatrième statu quo consécutif.

En revanche, la publication du dot plot illustre que 9 membres sur 18 anticipent une hausse des taux en 2026. Un seul membre a décidé de ne pas participer : Kevin Warsh.

Il est le premier président de la Fed en 14 ans à ne pas soumettre ses propres projections de taux. Sa justification, formulée avec une concision typique : « Je n’ai pas soumis de point pour moi. Ce n’est pas utile à la conduite de la politique monétaire. » Il compare les projections des membres à des prévisions tracées « au crayon, avec une grosse gomme », soulignant que personne ne se sent tenu par ces points quelques jours plus tard.

Au-delà du statu quo, Warsh annonce une révolution silencieuse : fin de la guidance, réduction du bilan de 6 500 milliards, remise en cause des statistiques « démodées », et intégration de l’IA dans les décisions monétaires.

Selon la médiane des prévisions, l’inflation mesurée par l’indice PCE — l’indicateur de référence de la Fed — devrait s’établir à 3,6 % en fin d’année, contre 2,7 % prévue en mars. Un bond qui laisserait penser que la Réserve fédérale devra se montrer plus restrictive. Pourtant, Warsh avance à pas feutrés — pour lui, il est urgent de ne rien faire.

Sa conviction : l’IA pourrait devenir un puissant agent désinflationniste. En augmentant la productivité sans pression salariale supplémentaire, en optimisant les chaînes d’approvisionnement et en réduisant les coûts logistiques, elle exerce une pression structurelle à la baisse sur les prix que les modèles économiques traditionnels peinent encore à mesurer. Si les gains de productivité liés à l’IA sont aussi profonds qu’on le pense comparable à ceux d’internet ou de la révolution industrielle, alors l’inflation réelle est peut-être moins inquiétante qu’elle n’y paraît. C’est précisément pourquoi Warsh a lancé un groupe de travail dédié à l’impact de l’IA sur l’emploi et l’inflation.

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