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Actualités financières au 12 octobre 2026

« Opération midterms »

Dans Opération Tonnerre, James Bond court après des bombes. Cette semaine, Donald Trump a fait l’inverse : il a promis de ne pas en lâcher, du moins jusqu’au 3 novembre.

Le baril toujours sous pression

Le début de semaine a rappelé que le Moyen-Orient n’avait rien d’un long fleuve tranquille. Les Houthis ont frappé l’Arabie saoudite au cœur : une installation d’Aramco près de Riyad, puis les aéroports d’Abha et de la capitale, avec à la clé 3 morts et 36 blessés. Dans le détroit d’Ormuz, neuf incidents visant des tankers depuis le début du mois. Résultat, le Brent a grimpé au-delà de 106 $ et tenait encore au-dessus de 100 $ mercredi.

Chaque automobiliste mesure l’impact de ce conflit à la pompe. Mais quel rapport avec le marché obligataire ? C’est une question que nous posent régulièrement nos clients.

Le pétrole ne fait pas que remplir les réservoirs. Il transporte les marchandises, chauffe les usines et fabrique les plastiques. Quand il dépasse 100 $, la hausse finit par se diffuser à presque tous les prix et contraint les banques centrales à serrer la vis pour maîtriser l’inflation.

Un exemple de circonstance pour illustrer la boucle prix-salaires, qui fait écho au film Le Salaire de la peur, dans lequel Yves Montand conduit un camion de nitroglycérine pour une fortune.

Cette semaine, je tombe sur un article du Financial Times qui rapportait qu’un capitaine de pétrolier peut toucher jusqu’à 100 000 $ par mois, plus une prime de 50 000 $ par traversée. Le reste de l’équipage gagne quatre à six fois son salaire habituel. Une agence chinoise propose même 25 000 $ par voyage à de simples matelots !

 

Le calendrier électoral s’invite

Alors que le conflit en Iran va bientôt atteindre huit mois sans aucune avancée concrète vers une sortie de crise, la presse américaine révélait ces derniers jours que la Maison-Blanche avait demandé au Pentagone des options de frappes sur l’Iran avant les élections.

C’était sans compter sur le retour du « TACO » de Donald Trump, qui a décidé de se montrer magnanime en différant de nouveaux bombardements jusqu’après les élections du 3 novembre prochain. Il évoque des discussions « productives » avec Téhéran et laisse la porte ouverte à un accord juste après le scrutin.

La raison est surtout électorale : 69 % des Américains jugent que cette guerre n’en valait pas la peine. À trois semaines du vote, mieux vaut une trêve qu’une flambée du prix de l’essence. Le blocus des ports iraniens, lui, reste en place.

Pendant que le baril et les taux jouent les trouble-fêtes, Wall Street continue de faire tourner la boule à facettes de l’IA, comme immunisée contre le contexte.

Le S&P 500 et le Nasdaq ont battu de nouveaux records en début de semaine, et Nvidia frôle les 6 000 milliards de dollars de capitalisation, soit un peu plus que les 50 plus grandes entreprises de la zone euro réunies : ASML, LVMH, SAP, TotalEnergies, Siemens…

Tout cela alors que le taux américain à 10 ans retrouvait son plus haut depuis 2002. Les marchés parient sur une chose : les profits de l’IA finiront par avoir raison de l’inflation. La saison des résultats, qui s’ouvre cette semaine avec les grandes banques, dira s’ils ont vu juste.

Bonne semaine à toutes et à tous !

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