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Actualités financières au 10 mars 2025

L’Europe sur la défensive

La semaine aura été particulièrement mouvementée sur les marchés, en raison d’un contexte géopolitique erratique qui a alimenté la volatilité des indices boursiers.

La sévère admonestation du président Trump adressée à Volodymyr Zelensky autour du bureau ovale la semaine dernière avait sidéré le monde entier, tant l’orchestration de cette rencontre ressemblait à un guet-apens. Le président ukrainien s’est retrouvé face à une tentative d’extorsion visant à le dépouiller des terres rares et des minerais de son pays.

La contrepartie de garanties de sécurité exigée par Zelensky a contrarié l’acrimonieux Donald Trump, qui a décidé mardi de geler l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine.

Cette décision, lourde de conséquences marque un véritable tournant dans la guerre en Ukraine, l’Union européenne a décidé de prendre son destin en main avec la mise en place d’une défense commune via un gigantesque plan de 800 milliards visant à renforcer les capacités de défense du continent. Ces fonds seront en priorité investis dans la défense antiaérienne, les missiles et les drones, contribuant ainsi à l’engouement des investisseurs depuis le début de l’année pour des valeurs comme Thales (+73,47 % en YTD), Rheinmetall (+84 % YTD) ou encore Leonardo (+68 % YTD).

En proposant de débloquer ce budget stratosphérique, Ursula Von der Leyen a fait sauter le dogme de la règle des 3 % de déficit public imposée aux États membres de l’Union européenne par l’Allemagne au début des années 1990. À l’époque, Berlin voulait s’assurer de ne pas avoir à payer pour d’autres États moins vertueux en cas de dérapage budgétaire.

Ironie de l’histoire, la première puissance économique européenne s’apprête à abandonner sa politique de rigueur budgétaire et sort l’artillerie lourde : plus de 1 000 milliards d’investissements dans l’armement et les infrastructures pour un « quoi qu’il en coûte » repris par le nouveau chancelier Friedrich Merz faisant référence à la citation devenue légendaire de l’ancien président de la BCE, Mario Draghi, durant la crise des dettes souveraines européennes.
Les systèmes d’alerte sismique n’ont pas eu le temps de sonner dans les salles de marché que le tsunami a déferlé sur le secteur obligataire européen. Le Bund allemand s’est envolé de 50 points de base à 2,9 %, soit la plus forte hausse sur une séance depuis 35 ans !

Dans ce contexte, la BCE était très attendue. Sans surprise, Christine Lagarde a annoncé une sixième baisse de taux consécutive, confirmant une trajectoire de l’inflation conforme au taux cible de 2 % fixé par l’institution de Francfort.

Sur le front de la guerre commerciale, Donald Trump poursuit sa stratégie des droits de douane au rythme de la célèbre chanson de Claude François : Ça s’en va et ça revient.

Mardi dernier, il a mis en application une taxation de 25 % sur les importations en provenance du Mexique et du Canada, avant de faire, comme à son habitude, une volte-face. Jeudi 6 mars, il a annoncé la suspension de cette mesure jusqu’au 2 avril pour les produits soumis à l’Accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Les marchés, qui ont horreur de l’incertitude, se retrouvent pénalisés par ces stop-and-go. Les replis à Wall Street ont été assez significatifs : le S&P 500 recule de 3,49 % et le Nasdaq perd près de 4 % sur la semaine.

La politique du First America fait craindre une accélération de l’inflation dû aux mesures de protectionnisme qui pourrait faire piquer les indices boursiers en cas de ralentissement de l’économie américaine.
Néanmoins les investisseurs savent qu’ils pourront compter sur leur Avenger préféré en la personne de Jérôme Powell pour venir à leur secours en abreuvant les marchés d’argent frais si le risque de stagflation se profilait.

Vincent BARBIER

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