Ils sont fous, ces Gaulois !
Comme beaucoup d’enfants de ma génération, faute de smartphone sur lequel « swiper » (que de regrets…), je dévorais les albums d’Astérix signés Goscinny et Uderzo.
Les Gaulois n’y craignaient qu’une chose : que le ciel leur tombe sur la tête. Aujourd’hui, ce sont les taux qui menacent de nous tomber dessus, et les fous ne sont plus les Romains, l’Italie emprunte désormais moins cher que la France.
Pendant ce temps, outre-Atlantique, le moteur de l’emploi américain a calé, de quoi faire revoir aux bookmakers leurs paris sur une nouvelle hausse des taux d’ici la fin de l’année.
Dette française : le thermomètre s’affole
La potion magique de la dépense publique, servie à chaque crise depuis des décennies, commence à avoir un goût amer. La semaine dernière les créanciers de la France ont eu des haut-le-cœur, et ils ont fait monter les enchères : pour continuer à nous prêter, ils exigent désormais une prime de près de 5%, du jamais vu depuis 24 ans.
Pour enrayer la spirale infernale du déficit, le budget 2027 promet 43 milliards d’économies. Un air de déjà-vu : il y a un an, François Bayrou en proposait… 43,8 avant de tomber sur un vote de confiance. Faire adopter ces économies par une Assemblée sans majorité ressemble toujours à la quête du laissez-passer A-38 : guichet après guichet, sans garantie d’en sortir.
La présidentielle approche et fait ressurgir les bonnes vieilles recettes mortifères : des promesses aussi dispendieuses que déconnectées d’une réalité qui a fini par nous rattraper.
Les prêteurs, eux, n’attendent pas le résultat des urnes pour voter. Sumitomo Mitsui, l’un des grands gestionnaires d’actifs japonais, vient de vendre la totalité de ses obligations françaises, en invoquant notre situation budgétaire. Avec des taux redevenus attractifs à Tokyo, le Japon offre désormais une alternative, mais c’est bien la France qui leur donne la raison de partir. Et contre ces départs là, aucun exit tax n’y pourra rien.
US : l’emploi américain recule
Il n’y a pas que le coq français qui perd ses plumes, les faucons ont eu le droit à une petite tonte. Seulement 29 000 emplois créés en septembre, contre 90 000 attendus. Les mois précédents sont revus à la baisse : août passe de 162 000 à 133 000, et juillet bascule même en négatif. Le chômage remonte à 4,2 % et les salaires ralentissent.
Il y a trois semaines à peine, Kevin Warsh relevait les taux pour la première fois depuis 2023, jugeant l’inflation « trop élevée, depuis trop longtemps ». Or, relever les taux, c’est renchérir le crédit pour refroidir la demande.
Comme nous le répétons lors de nos entretiens, la situation actuelle n’a rien à voir avec 2022, nous ne sommes pas face à une économie en surchauffe, mais face à un choc énergétique. Et une hausse de taux n’a jamais rouvert un détroit.
Pour terminer, à la fin de chaque album, il y a toujours un banquet. Cette semaine, l’invité d’honneur était Micron, géant américain des puces mémoire (nous nous sommes positionnés à l’achat le 16 juillet dernier) qui a vu son chiffre d’affaires quasiment quintupler en un an.
Résultat : le Nasdaq termine la semaine en hausse et frôle ses records, quand le CAC 40 recule de 2,2 %.
Publié le 02/10/2026 à 23:00
Source : https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/il-ne-fallait-pas-enterrer-les-colombes-ce785ddbdb8df627
Bonne semaine à toutes et à tous !
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