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Actualités financières au 28 septembre 2026

Le maître des horloges

« Je serai le maître des horloges. » La formule est d’Emmanuel Macron, en 2017. Cette semaine, c’est Donald Trump qui l’a faite sienne.

Il a accordé à Xi Jinping un sursis jusqu’au 10 janvier et a refusé de donner aux Iraniens l’heure de la paix.

Enfin, il a donné rendez-vous aux électeurs américains le 3 novembre en ressortant le carnet de chèques, comme au bon vieux temps où il négociait des tours à Manhattan : 5 000 dollars sur la table, et une clause suspensive en petits caractères, la victoire républicaine dans les deux chambres. Seule nuance : ce n’est plus la Trump Organization qui signe, mais le Trésor américain. Autrement dit, l’électeur paierait lui-même son propre chèque.

Mais le 3 novembre, ce sont les électeurs qui pourraient remettre les pendules à l’heure…

Perdre la Chambre des représentants, qui tient les cordons de la bourse, c’est perdre la main sur le budget et perdre le Sénat, c’est dire adieu aux nominations entre amis.

Il y aurait néanmoins un lot de consolation : un stage d’immersion gratuit dans le quotidien de Sébastien Lecornu, avec pour défi de négocier chaque texte face à une majorité introuvable. De quoi finir son mandat en « canard boiteux ».

Washington-Pékin

Beaucoup de rires, peu de signatures

En mai dernier, à Pékin, l’image avait été saisissante : Donald Trump assis sur une chaise d’écolier qui semblait volontairement plus basse que celle de Xi Jinping. Une leçon de protocole à la chinoise, où quelques centimètres suffisent à dire qui domine.

Cette semaine, Trump a voulu prendre sa revanche par les airs : deux bombardiers B-1 passant en rase-mottes au-dessus du tarmac en plein hymne américain laissant impassible Xi Jinping, pendant que Donald Trump grimaçait et serrait les dents : opération intimidation ratée !

Derrière ces apparences les 2 plus grandes puissances économiques mondiales se sont accordées pour une prolongation de deux mois de la trêve douanière, désormais jusqu’au 10 janvier 2027. Un allègement ciblé portant sur environ 30 milliards de dollars de produits de part et d’autre a été évoqué, sans liste ni calendrier à ce stade.

On revient de loin, en avril 2025 les droits de douane américains sur les produits chinois culminaient à 145 %. Mais les dossiers de fond : IA, Taïwan, terres rares n’ont pas bougé d’un millimètre, et Washington juge toujours que Pékin traîne des pieds sur ses achats agricoles promis.


Iran

Téhéran propose, Washington dispose

Vendredi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, a rendu publique une offre en sept conditions : sept jours sans hostilités au Moyen-Orient, Liban compris, le déblocage d’au moins 12 milliards de dollars d’avoirs gelés, la levée des sanctions pétrolières et la fin du blocus naval américain. 

En échange, Ormuz rouvrirait au septième jour. Pékin soutient la proposition. Samedi, Donald Trump l’a balayée : l’Iran veut un accord, dit-il, parce qu’il « perdait lamentablement ».

Au printemps, c’était Washington qui multipliait les ultimatums pour rouvrir le détroit. Aujourd’hui, c’est Téhéran qui pose une offre sur la table et attend la réponse.

Faute de résultats décisifs sur le champ de bataille, Washington a changé de tactique : moins de bombes, plus d’asphyxie. L’étau se resserre sur trois fronts : en mer, le blocus a tari les exportations de pétrole iranien et fait plonger le rial à un plus bas historique ; dans les airs, les compagnies iraniennes sont désormais refoulées des Émirats, d’Oman et d’Irak. Mais l’arme décisive reste le dollar : avec les sanctions secondaires, quiconque ravitaille, accueille ou vend un billet à une compagnie iranienne est exclu du système dollar. BNP Paribas, condamnée à 8,9 milliards de dollars d’amende en 2014, en sait quelque chose…

D’où la stratégie américaine : jouer la montre. Chaque semaine de blocus coûte plus cher à Téhéran qu’à Washington, et Trump n’a aucun intérêt à conclure avant le 3 novembre un accord qui ressemblerait à une concession.

Seul problème : pendant que Washington regarde sa montre, le pétrole et les taux ne regardent que vers le haut. Le Brent a fini la semaine vers 106 dollars, et le taux à 10 ans américain a touché 5,17 %, du jamais-vu depuis 2007 !

Jouer la montre pour Donald Trump a un prix et c’est le marché obligataire qui le fixe.


Intelligence artificielle

La semaine dernière, nous évoquions les appels à ralentir l’IA. Le marché a entendu… et appuyé sur l’accélérateur. Lundi, le Nasdaq a signé son premier record de clôture depuis le 2 juin, avant d’en inscrire un nouveau mardi. AMD a franchi pour la première fois les 1 000 milliards de dollars de capitalisation, Intel a bondi de 12 %, ARM de 17 %, et l’indice des semi-conducteurs de plus de 4 % en une séance. Bilan de la semaine : +2 % pour le Nasdaq, +1,2 % pour le S&P 500.

Vendredi, Microsoft a pris le relai (+3,7 %) avec ses nouveaux agents Copilot, et Akamai a signé un contrat de cloud de 11,6 milliards de dollars avec Anthropic.

Ce qui est d’autant plus déconcertant, c’est qu’en théorie, des taux plus élevés réduisent la valeur actuelle des profits futurs et pénalisent d’abord les valeurs de croissance.

Conclusion : si la tech résiste, c’est que ces bénéfices progressent plus vite que le coût de l’argent.

Bonne semaine à toutes et à tous !

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