24 heures chrono
Cette semaine, les marchés ont vécu au rythme d’un épisode de 24 Chrono : compte à rebours affiché en grand, président aux commandes d’une décision qui engage la civilisation, et accord diplomatique arraché à moins de deux heures de l’échéance.
Après six semaines de guerre, le bilan militaire américain reste sujet à débat. Sur le cinéma, en revanche, aucune ambiguïté : Hollywood reste la première puissance mondiale. Et les producteurs travailleraient déjà sur la prochaine saison : The Father, dans laquelle le personnage principal commence à oublier pourquoi il a lancé la frappe.
L’évènement de la semaine a eu lieu mardi dernier à 20h, soit moins de deux heures avant l’échéance fatidique, et on appelle cela en finance un TACO (Trump Always Chickens Out)
Deux traductions s’offrent à vous selon votre sensibilité : la plus triviale, Trump est une poule mouillée ; la plus élégante, Trump finit toujours par se dégonfler. Dans les deux cas, les traders qui avaient parié sur la désescalade ont eu raison et ceux qui avaient acheté du pétrole à 117 dollars la veille un peu moins.
La réaction des marchés a été à la hauteur de l’événement. Les futures américains ont viré au vert foncé : S&P 500 +2,7 %, Nasdaq +3,5 %. Le CAC 40 s’est même adjugé sa meilleure performance depuis le 9 mars 2022, avec un bond de +4,49 %. Coïncidence troublante : ce jour-là, les marchés célébraient déjà l’espoir d’une paix en Ukraine. Même scénario, même euphorie, et sans doute, la même prudence qui s’imposera.
Sur le front des valeurs, le secteur de l’aéronautique s’est particulièrement distingué, Safran s’envole de +11,4 %, Airbus bondit de +7 % et Air France, que nous avions recommandé dans nos allocations s’est envolée de 14%.
Parallèlement, l’or noir s’est effondré de 13,3 % à 94,75 $ le baril, sa plus forte chute en une séance depuis le Covid. Le soulagement fut immense. Il dura exactement 24 heures.
Dès le lendemain, la trêve est fragilisée par la continuité des combats au sud Liban entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Le baril remonte au-dessus de 99 $.
L’enjeu majeur que tout le monde a désormais bien intégré, c’est la réouverture complète du détroit d’Ormuz : condition sine qua non d’un retour à la normale des prix. Mais sur les marchés de l’énergie, la normale ne se décrète pas. Le pétrole ne fonctionne pas comme un robinet…
Les stocks stratégiques ont été ponctionnés, les infrastructures portuaires sont à reconstruire. Mais à ces fondamentaux solides vient s’ajouter une couche de volatilité supplémentaire, elle artificielle, alimentée par la spéculation et les tweets de Trump. Chaque sortie sur Truth Social provoque des mouvements de 5 à 10 % en quelques minutes, déconnectés de toute réalité économique.
Quand cette composante spéculative se dissipera, la correction pourrait être plus rapide qu’anticipé. Un motif d’optimisme ne disparaîtra qu’avec un accord définitif encore loin d’être acquis.
CPI mars 2026 : la guerre s'invite dans les prix à la consommation
Les chiffres sont tombés vendredi après-midi et sans surprise, mais avec brutalité : l’inflation globale aux États-Unis a bondi de 3,3 % en glissement annuel, contre 2,4 % en février. Son niveau le plus élevé depuis mai 2024.
Le coupable ? L’énergie, et plus précisément l’essence, qui flambe de 21,2 % sur le seul mois de mars : la plus forte hausse mensuelle depuis 1967, année où l’économie mondiale n’avait encore jamais entendu parler d’un détroit d’Ormuz.
La bonne nouvelle, et elle est de taille, vient de l’inflation sous-jacente, le fameux « core CPI » qui exclut l’énergie et l’alimentation. Elle ne progresse que de 2,6 %, légèrement en dessous des attentes. C’est précisément ce chiffre que surveille la Réserve fédérale : Jerome Powell l’a dit clairement, la Fed peut regarder au-delà du pic énergétique et se concentrer sur la trajectoire de fond de l’inflation.
La saison des résultats ouvre ses portes
La semaine qui s’ouvre marquera le début de la saison des résultats du premier trimestre 2026. Au CAC 40, ce sont les valeurs du luxe qui ouvrent le bal : LVMH dès lundi, Kering et Publicis mardi, Hermès mercredi : soit plus de 22 % de la capitalisation de l’indice en trois jours.
Outre-Atlantique, c’est le secteur bancaire qui donne le ton : Goldman Sachs lundi, puis JPMorgan, BlackRock, Wells Fargo et Citigroup mardi : la journée la plus concentrée du secteur financier américain de l’année. Les marchés attendent le sixième trimestre consécutif de croissance bénéficiaire à deux chiffres pour le S&P 500. Dans un contexte géopolitique encore instable, cette saison des résultats sera moins un exercice comptable qu’un véritable test de résistance.
Publié le 10/04/2026 à 23:00
Source: https://www.zonebourse.com
Pour tout renseignement complémentaire, contactez un conseiller.
DISCLAIMERS
Pour une information complète sur la stratégie du support et l’ensemble des frais et risques, nous vous remercions de prendre connaissance du DIC disponible en suivant les liens (survol sur le nom des fonds), et sur simple demande auprès de notre siège. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Risque de perte en capital. Avant tout investissement, il est fortement conseillé à tout investisseur, de procéder, sans se fonder exclusivement sur les informations fournies dans cette newsletter, à l’analyse de sa situation personnelle ainsi qu’à l’analyse des avantages et des risques afin de déterminer le montant qu’il est raisonnable d’investir.
Les informations contenues dans cette newsletter sont arrêtées en date de publication de celle-ci et ne sont donc pas valables dans le temps.