La loi du plus fort à l'épreuve des marchés
La semaine dernière, les marchés financiers ont donné l’impression d’un funambule avançant prudemment sur son fil : un pas en avant grâce aux bonnes nouvelles économiques, un pas de côté face aux incertitudes politiques. Rien de spectaculaire à première vue, mais beaucoup d’enseignements en filigrane.
D’un côté, les investisseurs continuent de croire au scénario boucle d’or : une inflation qui ralentit progressivement, des banques centrales qui se rapprochent de la fin du cycle restrictif, et une économie mondiale qui tient mieux que prévu. Ce cocktail suffit à maintenir les marchés actions sous perfusion d’optimisme, notamment aux États-Unis, où les grands indices oscillent sans réellement céder du terrain.
Mais dans le même temps, la nervosité n’a jamais totalement disparu. Les tensions géopolitiques et commerciales sont revenues occuper le devant de la scène.
Cela a commencé dès le début de la semaine par une nouvelle poussée de fièvre autour de la Réserve fédérale américaine.
Jerome Powell, président de la Fed, ex-meilleur ami de Donald Trump, s’est retrouvé sous le feu d’accusations concernant le coût jugé excessif des travaux de rénovation du siège de l’institution.
Pour l’occasion, le président américain a troqué son costume de chef de guerre politique contre celui de contrôleur des dépenses autoproclamé, inspectant devis, factures et chantiers avec un zèle soudain. Une discipline comptable qui tomberait à point nommé, alors que le Congrès devra bientôt se prononcer sur le budget fédéral, faute de quoi l’hypothèse d’un nouveau shutdown refera rapidement surface.
Derrière cette soudaine passion pour la rigueur comptable, les marchés ne s’y trompent pas : il s’agit avant tout d’une nouvelle tentative de mise sous pression de la banque centrale, et donc d’un rappel que l’indépendance de la politique monétaire reste, plus que jamais, un sujet éminemment politique.
La Réserve fédérale n’est d’ailleurs pas la seule cible collatérale de la stratégie politique américaine. Le commerce international est redevenu, lui aussi, un terrain de confrontation assumé.
Ainsi, Donald Trump a de nouveau brandi son arme préférée, la menace de droits de douane évoquant cette option comme levier de pression dans le dossier du Groenland. Une diplomatie du rapport de force, bien connue des marchés, où le tarif douanier devient un instrument politique à part entière.
Mais cette fois, un contre-pouvoir pourrait venir enrayer la mécanique. La Cour suprême des États-Unis doit se prononcer sur la légalité des droits de douane, et surtout sur la capacité du président américain à les imposer sans consultation du Congrès.
En début de semaine, redoutant une invalidation juridique, Donald Trump a publiquement mis la pression sur les juges, allant jusqu’à écrire sur son réseau Truth Social que, si la Cour se prononçait contre les États-Unis « sur cette question de sécurité nationale, nous sommes foutus », évoquant au passage le risque de remboursements massifs et une menace existentielle pour l’économie américaine.
Dans ce climat d’incertitude juridique et politique, un autre signal est toutefois venu rassurer les marchés, illustrant une approche plus pragmatique du commerce international. Les États-Unis et Taïwan ont en effet conclu un accord commercial d’envergure axé sur les semi-conducteurs, aux implications à la fois industrielles et commerciales.
Dans le cadre de ce texte, les droits de douane américains sur les produits taïwanais, y compris les semi-conducteurs, seront abaissés à 15 %. Un niveau aligné sur celui appliqué à d’autres partenaires asiatiques, comme le Japon ou la Corée du Sud.
Sur les marchés, cette nouvelle a été bien accueillie, en particulier dans le secteur technologique, donnant un coup de pouce à la performance des valeurs semi-conducteurs en Asie et à Wall Street, tout en améliorant la visibilité pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cours de clôture au 19-01-2026 (9h12) Source : https://fr.investing.com/indices/major-indices
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